27.03.2006

 

J'ai tant de fois crier en ce lieu qu'aimer ne serait plus un verbe que j'aurais à conjuger au présent pour ma personne.
J'aime... N'avait plus de raison d'être.
Car la suite n'existait pas. J'étais seul, personne à aimer.
Je me suis enfermé dans la prison de cette pensée; je l'avais dit et pensé... J'en avais fait une promesse.

 

Mais quand à "j'aime" j'eus enfin trouvé une suite... Un ange... Je fus aveuglé par la promesse passée. J'ai refusé de voir la vérité, et j'ai sombré. L'amour était devenu un jeu, et je m'en croyais le maître, dictant comme bon me semble règles et contre-règles... Et le moment où le jeu cesserait.

 

Promesse, je te hais, autant que j'aime cet ange.
Tu m'as éloigné de ma vérité, de mon amour. Et aujourd'hui, mes larmes ne suffisent plus, elles n'effaçent pas les morceaux de l'amour brisé que tu m'as caché.
Je suis déchiré... Mais de toi, je me vengerai!

 

(À mon Ange, de AaAN.)

20.03.2006

Ecrire

Je n’ai souvent vu qu’une face à l’écriture : celle qui permet à celui qui tient la plume de se libérer. Se libérer d’un poids, qu’importe soit-il. Une histoire, un poème, un sentiment, un chagrin, un malaise, une chanson, une lettre, … On dépose une partie de soi sur le papier, sur l’écran, dans l’écorce, sur le sable, sur le mur, dans la chair, … Mais toujours, on reste attaché à l’écrit, comme un bateau ayant lâché son encre et restant à son port. On largue nos mots, débarque notre marchandise, mais elle ne nous quitte pas sans laisser à l’équipage la trace de son passage.

Et puis, il y a le second visage de l’écriture, la face cachée… Celle qui sait qu’elle fait bien de rester cachée. Ainsi, l’objet de prise en main de la plume une fois transcrit nous apparaît sous un angle nouveau, une autre réalité, non loin de celle qu’on imaginait, mais différente quand même. Parfois plus rassurante, plus douce, plus secondaire, mais parfois plus sournoise, plus maline, plus douloureuse.

Quel étrange sentiment alors de se voir confronter à un soi-même que l’on imaginait différemment. Introspection douloureuse qu’est l’écriture.

 

Parfois j’aimerais me saisir d’un marteau et un burin, je voudrais graver dans la roche mes sentiments, mes ressentiments, … J’aimerais déchirer l’écorce de mots pour partager la douleur avec la nature. Je désirerais que mille plumes m’écoutent et écrivent mille choses différentes sur ce que je ressens car qu’importent les sentiments, jamais ils ne sont ressentis de la même façon.

Seulement… Le visage voilé de l’écriture me retient, il cloue mes mains à mon corps, et seul avec mon esprit, je tente en vain de noyer les mots et leurs sens. Doucement, je sombre. Un être que je ne me connaissais pas.

18.03.2006

Requiem pour un sommeil.

Fermer les yeux, fermer les yeux, fermer les yeux, fermer les yeux, fermer les yeux, …

Ne plus penser, ne plus penser, ne plus penser, ne plus penser, ne plus penser, …

Ne plus penser à ne plus penser, ne plus penser à ne plus penser, ne plus penser à ne plus penser, ne plus penser à ne plus penser, …

Ne plus être, ne plus être, ne plus être, ne plus être, ne plus être, …

 

Il n’est plus. Son esprit s’est endormi. Il lui était impossible d’être lui-même plus longtemps encore.

Je me présente, je m’appelle âme. Je suis tout le monde, mais en chacun, je suis quelqu’un d’autre. Pour lui, je suis ange aux ailes noires.

Je ne sais pas pourquoi il m’a nommé de la sorte… Il le sait, mais pour moi, cela a si peu d’importance !

Je ne me réjouis pas de m’éveiller en lui mais il vous mentirait s’il vous disait qu’il n’apprécie pas ma venue.

Symbiose étrange entre présence immatérielle et absence de l’esprit.

 

Je me promène dans le labyrinthe de sa pensée, résultante inévitable de son passé. Je me glisse dans les failles, j’escalade les parois escarpées, je m’enlise dans la boue, le vent et les tempêtes ne m’arrêtent pas, la neige et les orages ne m’effraient pas. Je trace la carte de ce monde, mais toujours en vain, à chacun de mes éveils, le paysage est différent.

Aujourd’hui, le ciel est noir, et l’orage proche. Mais il ne veut pas que je m’aventure en lui. Il a fermé les yeux, il ne pense plus à ne plus penser, il n’est plus… Même en lui… Toutes les portes se ferment.

L’enfer est un paradis de réconfort.

03.03.2006

Théorie de l'amour, amour de soi.

Qui d'autre que nous aime-t-on lorsque l'on aime quelqu'un? Personne.Qui des amoureux sont les plus égoïstes? Ceux qui nous apparaissent les plus romantiques, les plus attentionnés, ... Les plus amoureux.Les pratiques de l'un en amour ne sont que les reflets de ses propres attentes, espoir silencieux d'un mimétisme de l'être "aimé".Donner... Oui, mais jamais sans l'espoir de recevoir de même ou plus.Oui, j'aime caresser, effleurer, son corps d'un doigt, d'une main, faussement maladroits... Mais plus que cela, j'aime sentir son doigt, sa main, caresser, effleurer mon corps.Oui j'aime déposer mes lèvres dans son cou... Mais plus que cela, j'aime sentir ses lèvres dans mon cou.Oui j'aime parcourir son corps de ma langue... Mais plus que cela, j'aime sentir mon corps parcouru par sa langue.

Toutes les notes