20/03/2006

Ecrire

Je n’ai souvent vu qu’une face à l’écriture : celle qui permet à celui qui tient la plume de se libérer. Se libérer d’un poids, qu’importe soit-il. Une histoire, un poème, un sentiment, un chagrin, un malaise, une chanson, une lettre, … On dépose une partie de soi sur le papier, sur l’écran, dans l’écorce, sur le sable, sur le mur, dans la chair, … Mais toujours, on reste attaché à l’écrit, comme un bateau ayant lâché son encre et restant à son port. On largue nos mots, débarque notre marchandise, mais elle ne nous quitte pas sans laisser à l’équipage la trace de son passage.

Et puis, il y a le second visage de l’écriture, la face cachée… Celle qui sait qu’elle fait bien de rester cachée. Ainsi, l’objet de prise en main de la plume une fois transcrit nous apparaît sous un angle nouveau, une autre réalité, non loin de celle qu’on imaginait, mais différente quand même. Parfois plus rassurante, plus douce, plus secondaire, mais parfois plus sournoise, plus maline, plus douloureuse.

Quel étrange sentiment alors de se voir confronter à un soi-même que l’on imaginait différemment. Introspection douloureuse qu’est l’écriture.

 

Parfois j’aimerais me saisir d’un marteau et un burin, je voudrais graver dans la roche mes sentiments, mes ressentiments, … J’aimerais déchirer l’écorce de mots pour partager la douleur avec la nature. Je désirerais que mille plumes m’écoutent et écrivent mille choses différentes sur ce que je ressens car qu’importent les sentiments, jamais ils ne sont ressentis de la même façon.

Seulement… Le visage voilé de l’écriture me retient, il cloue mes mains à mon corps, et seul avec mon esprit, je tente en vain de noyer les mots et leurs sens. Doucement, je sombre. Un être que je ne me connaissais pas.

00:03 Écrit par AaAN | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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