13.02.2005

Début de la fin.

J’avais quitté le village après la dernière ronde de la garde. J’avais emporté un couteau, une torche et quelques allumettes. Il ne devait y avoir personne à cette heure-ci dans le village. Je regardai le ciel, un croissant de lune, inclinant la tête, je crus qu’il me fit un sourire et je lui rendis celui-ci avant de me rendre compte de mon idiotie. Je passai de l’ombre d’une maison à celle d’une autre. Une seule demeure laissait paraître son éveil, derrière la fenêtre les vacillements d’une chandelle dansaient sur les murs. C’était la maison de ceux que j’aimais. Ils étaient jumeaux, mais ne se ressemblaient guère, l’un mâle, l’autre femelle. Je les aimais comme on aime étant enfant. L’amour innocent mais profond, parfois coquin, parfois timide. Je devais continuer, j’ai repris le chemin du bois. Dernière ombre avant de prendre le sentier menant à la forêt. Nous avions l’interdiction de nous y promener, et en particulier de nuit. L’automne arrivant à son terme, une meute de loups cherchaient à nourrir ses petits avant leur long sommeil. Moi, ces histoires ne m’effrayaient pas. J’avais rencontré un loups étant petit, et j’ai lu dans ses yeux la même innocence que dans les yeux de ces jumeaux que j’aimais tant. Je vous parle au passé mais je vous avoue que, et ce malgré cette histoire, je les aime toujours.

J’étais maintenant face au bois. Un dernier regard en arrière, j’aperçus à la fenêtre toujours éclairée, deux silhouettes pourraient-elles me pardonner. Je posai mes doigts sur ma bouche, y déposai un baiser, et leurs tendis la main. Un vain espoir que sur leurs lèvres, le vent le portera. Je levai à nouveau ma tête vers le ciel, je ne sais si la lune s’était cachée derrière eux ou si c’étaient eux qui désiraient lui gâcher la vue, mais des nuages avaient assombri le ciel. Je sortis ma torche et mon paquet d’allumette. Je tentai d’en allumer une. Un hurlement de loup déchira le silence de la nuit et mon allumette. La deuxième brûla et donna naissance au feu de la torche. Je me précipitai dans les bois avant qu’on ne me distingue depuis le village.

Les ténèbres dominaient le lieu.

On pense que tout est fini, et finalement, on se rend compte que ce n’est que le début.

 



Commentaires

Tu t'en fous peut-être... mais je trouves ce texte encore une fois magnifique et même si c'est malgré toi je t'embrasse

Écrit par : Céline | 13.02.2005

... Joli texte Chou... (5/5)

Gros biou !

Écrit par : L@rsen | 17.02.2005

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