04.01.2005
Chemin de croix du déchu.

Si je peux vous donner deux conseil, lisez ce texte à voix haute, ou mieux, murmurez le, et écoutez "Pénombre" dans la radioblog.
Le corps transpirant le courage, je suis armé de haine, vêtu de fer noir, j’avance dans le hall où aucun ne peut m’arrêter car de sang froid je tue. Des voix m’entourent. Des voix de femmes, pourtant si puissantes. Le sol est de marbre noir, comme les murs, seules les colonnes contrastent avec les ténèbres du lieu, des colonnes d’onyx blanc, sculptées de scènes de bataille, de sacrifices humains, de scènes érotiques, toutes ces choses reproduites dans les moindres détails. Toutes ces choses qui ont été, et ne seront plus si ce n’est dans l’esprit d’un pauvre fou. Je pourrais passer des heures à admirer ce travail d’artisan et pourtant, je sais que je dois continuer, au fond de ce hall m’attend ma destinée.
Les horreurs triompheront, le mal règnera et j’ai choisi de le servir. Je ne suis pas un ami loyal, qui l’a été pour moi. Il n’y aura pas de retour à la maison cette fois. Mais je n’ai plus peur. Nous sommes perdus, nous l’avons toujours été, mais cette fois, nous le savons.
Plus je marche et plus ces voix envahissent l’espace que je pénètre. Je ne plierai pas cette fois car le mal est un soutien bien plus solide que le bien. La douleur s’empare du moindre espace de vie en moi, elle croît à chaque pas et j’aime ça. D’autres que moi ont fait ce choix, j’en suis sûr et pourtant, c’est seul que je dépasse une à une ces colonnes. Je n’ai pas le courage pour lever la tête et admirer les sommets de celles-ci. Qu’ils doivent être beaux, là-haut.
Et mes larmes se mettent à couler, des larmes de joie et de haine, de sérénité et de douleur. Elles s’écrasent au sol et disparaissent aussitôt, il n’y pas d’annales sur le chemin de la déchéance, aucun nom ne demeurera. J’ai traversé le hall, je suis face à lui.
Mon périple est fini, je peux m’effondrer, mon corps gît sur le sol. J’ai accompli sa parole, subit ses douleurs pour lui apporter sur un plateau son bonheur. Il ne me regarde pas. Ce n’est pas qu’il me nie, c’est qu’il ne me voit pas. Seule la haine déversée pour lui demeure dans son esprit. Je suis son serviteur, je ne peux pas regretter et pourtant, je regarde derrière moi. Ils sont des milliers, comment ai-je pu ne pas les voir ? Étais-je à ce point aveuglé, quel voile pouvait donc me priver de même les sentir à mes côtés. J’ai le cœur en peine, mais ça n’efface pas mon passé. Je cours vers eux, je crie mais ils ne m’entendent pas et maintenant, je vois ces chaînes qui les empêche de lever la tête, de voir autre chose que ce que le mal a décidé de leur montrer. Je comprends maintenant, je lève la tête et regarde les colonnes. Des scènes de fraternité, de prière bienveillante et d’amour sincère. Puis-je pour autant me pardonner mon passé ? Je retourne, je cours vers lui, la même haine qui l’a servi par mes mains l’anéantira. Je me rapproche et… Je plie face à lui. Genoux au sol, j’agonise ! Je comprends. Le bien n’a pas d’issue, et le mal n’a qu’une issue malheureuse. Le destin de l’homme est lié à vivre dans la pénombre ou dans les ténèbres. Il n’y a pas d’Eden. Sur le sol froid malgré les flammes qui m’entourent, je cesse de penser, mon cœur ralentit et ma respiration s’évanouit.
Je suis mort. J’ai trouvé le paradis… Il était sur terre ! Ne mourrez pas, le paradis est un enfer !
00:21 Écrit par AaAN | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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Commentaires
:| Pour moi, un des plus beaux!
Écrit par : Gé | 04.01.2005
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